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14 juin
2014

Le chantier du centre des congrès avance

Les ouvriers du bâtiment s’activent au pied des murs de l’ancien couvent des Jacobins, pour consolider l’édifice. Une étape clef de ce projet chiffré à plus de 107 millions d’euros.

Une grue de 52 mètres, pour 65 mètres de rayon d’action ! Mise en place depuis une semaine au beau milieu du site des Jacobins, elle est prête à entrer en action. Elle est là pour deux ans. Le chantier du futur centre des congrès, confié à Sogea (groupe Vinci), avance bon train, à l’abri des regards derrière les palissades installées près de la place Sainte-Anne.

Hier après-midi, le président de Rennes métropole, Emmanuel Couet, est venu apprécier l’avancement de ce chantier historique.

« Nous avons fait ce choix d’implanter au coeur de Rennes un équipement qui sera partagé par tous. Nous pensons que c’est un atout d’être en coeur de ville plutôt qu’à la périphérie, car cela limite les déplacements et cela évite de nouvelles emprises foncières. Ce centre des congrès s’ajoute à d’autres projets comme la Cité internationale ou EuroRennes, dans une logique de développement du rayonnement culturel et économique de la ville. »

Des squelettes réinhumés :

Le chantier de fouilles, mené pendant seize mois, a permis notamment de mettre au jour quelque trois mille sépultures. Un millier de squelettes sont conservés dans les labos de l’Inrap, l’Institut de recherche en archéologie préventive, à Toulouse. Les autres sépultures ont été réinhumées au cimetière de l’Est. Les archéologues ont fait place aux ouvriers du bâtiment, qui ont entre les mains un joyau du patrimoine.

Tout l’intérêt du projet est de conserver les murs anciens pour les intégrer et surtout magnifier le futur équipement culturel.

« Comme tous les Rennais, je connaissais depuis toujours le site des Jacobins ! Mais lorsque ce projet a été validé, je l’ai redécouvert dans tous ses détails et l’idée s’est imposée de restituer les espaces d’origine dans le futur aménagement », explique Jean Guervilly, qui pilote l’équipe d’architectes.L’autre enjeu, c’est de conserver, voire de remplacer les éléments de construction utilisés à l’époque. « Ces murs n’ont pas coûté cher, on faisait avec les techniques de l’époque et surtout les matériaux trouvés dans le coin. » Depuis, certaines parties de l’édifice ont été refaites, colmatées dans l’urgence, et pas toujours dans les règles de l’art. Le tuffeau abîmé par le temps, des enduits grisâtres qui masquent la pierre par endroits… Tout sera restauré pour redonner au site sa majesté. « Sur les murs du couvent, par exemple, le tuffeau sera refait à neuf, les charpentes et le toit également, et jusqu’aux tomettes du sol que l’on va faire fabriquer. »

17 mètres de profondeur :

Dans la cour centrale du couvent, un jardin sera aménagé, où les congressistes pourront prendre un café, se détendre, avec, sous leurs pieds, un auditorium de 1 000 places. Le centre des congrès sera doté de deux auditoriums (1 000 et 300 places), d’une salle polyvalente de 500 places, d’une vingtaine de salles de réunion et d’espaces d’exposition et de restauration.

Pour l’heure, l’une des premières étapes du chantier consiste à décaisser le site, à 17 mètres de profondeur. Avant cela, pour ne pas fragiliser les vieilles murailles, il a fallu couler des pieux de béton tout autour du bâtiment central du couvent pour soutenir des poutres qui passeront sous les murs de pierre. La réhabilitation des Jacobins, c’est aussi une sacrée prouesse technique pour les entreprises du bâtiment.